Pygoscelis adeliae

Manchot Adélie

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Manchot Adélie sur son nid

Classification
Règne : Animalia
Embranchement : Chordata
Classe : Aves
Ordre : Sphenisciformes (Sharpe, 1891)
Famille : Spheniscidae (Bonaparte, 1831)
Genre : Pygoscelis (Wagler, 1832)
Espèce : adeliae (Hombron & Jacquinot, 1841)

Source : Wikipedia

En Antarctique, une “supercolonie” de 1,5 million de manchots Adélie a été découverte !

   Une équipe de chercheurs a fait la découverte d’une “supercolonie” de manchots Adélie, jusqu’alors inconnue. Plus d’1,5 million d’animaux étaient cachés à la vue des Hommes, nichés dans les Dangers Islands de l’Antarctique.
   Il y aurait plus de 750 000 couples vivants sur ces îles – 1,5 million d’animaux au total. C’est plus que les effectifs combinés du reste de la péninsule antarctique. Vous les retrouverez nichés dans l’archipel des “Dangers Islands”, une zone particulièrement hostile et peu accessible qui abrite ainsi, aujourd’hui, la plus importante population de manchots Adélie de la Péninsule Antarctique. Les résultats de cette étude ont été publiés dans Scientific Reports.

   Non seulement la découverte est un rappel incroyable que nous avons encore beaucoup à découvrir sur notre monde, mais elle donne aussi de l’espoir aux scientifiques et conservationnistes. Il y avait en effet des craintes que l’espèce soit en déclin rapide d’ici la fin du siècle en raison du changement climatique. Les chercheurs savaient déjà qu’une colonie importante d’environ 300 000 couples peuplait l’une des îles – Heroina Island – mais ces nouvelles observations doublent aujourd’hui les effectifs.

   « Jusqu’à récemment, les Dangers Islands n’étaient pas considérées comme un habitat important pour les manchots », note Heather Lynch, écologiste à l’Université Stony Brook (États-Unis) et co-auteure de l’étude. « Au début, j’ai pensé que c’était une erreur, mais quand nous avons mis la main sur des images satellites commerciales haute résolution, nous avons su que c’était une découverte majeure ».
   Suite à la remise des premières images satellite, les chercheurs ont alors mis en place une expédition – financée par le milliardaire Ray Dalio – pour se rendre sur place en décembre 2015 : il y aurait au total plus de 750 000 nids (751 527, pour être exact). Un décompte précis qui servira de point de référence pour les changements éventuels futurs. : « C’est incroyable de pouvoir encore découvrir de telles populations aujourd’hui », se réjouit Stéphanie Jenouvrier, chercheuse au CNRS qui a participé à ces travaux.

   Maintenant que les effectifs sont connus, des mesures de protection pourront être mises en place. Les chercheurs appellent ainsi à ce que cette zone soit comprise parmi les futures aires maritimes protégées dont doivent discuter les États membres de la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR).
par Brice Louvet

Source : sciencepost.fr, le 5 mars 2018

Antarctique: 150.000 manchots Adélie menacés par un iceberg

   Environ 150.000 manchots Adélie sont dans l'incapacité de retourner dans leur colonie depuis qu'un gigantesque iceberg leur barre la route, les contraignant à un trop long détour pour trouver leur nourriture, selon une étude scientifique.
   Cette colonie vit sur le cap Denison, un cap rocheux situé en baie du Commonwealth, dans l'est de l'Antarctique.
   L'iceberg B09B, qui mesure 100 km2, soit une superficie proche de celle de la ville de Paris, s'est échoué en Baie du Commonwealth en décembre 2010, écrivent dans le journal Antarctic Science des chercheurs australiens et néo-zélandais.
   La population de la colonie de manchots avait été dénombrée en février 2011 à environ 160.000 individus, qui n'étaient plus qu'environ 10.000 en décembre 2013, affirment les chercheurs.
   L'arrivée de cette masse glaciaire et la formation d'une banquise côtière qui en a découlé a obligé les manchots à allonger de 60 km leur périple pour se rendre sur le lieu où se trouve leur nourriture, ce qui a entravé leur processus de reproduction.
   «La population du cap Denison pourrait être éradiquée dans les 20 années qui viennent, à moins que B09B ne bouge, ou que la banquise côtière, désormais pérenne, ne se disloque», écrivent dans leurs travaux publiés début février ces chercheurs du centre de recherche sur le changement climatique de l'université de Nouvelle-Galles du Sud (UNSW) et du New Zealand's West Coast Penguin Trust.
   Contrairement à la banquise de mer, la banquise côtière ne dérive pas. Elle peut atteindre une épaisseur considérable.
  Lors du recensement qu'ils ont réalisé en décembre 2013, les chercheurs ont observé sur la colonie des «centaines d'oeufs abandonnés». «Le sol était jonché des carcasses desséchées par le froid des poussins de la saison précédente.»
   «Il y règne désormais un silence inquiétant», a déclaré au Sydney Morning Herald Chris Turney, chercheur l'UNSW et chef de l'expédition de 2013.
   Les manchots «que l'on voit au cap Denison sont incroyablement dociles, léthargiques, comme inconscients de notre existence.»
   «Ceux qui survivent sont clairement en train de lutter. Pas sûr qu'ils survivent eux-mêmes donc difficile d'imaginer qu'ils soient capable de faire éclore la prochaine génération. Voir ça vous brise le coeur», poursuit-il.
   Le contraste est saisissant avec la colonie qui vit à huit kilomètres de la banquise côtière qui s'est formée à cause de l'iceberg. Les manchots s'y portent à merveille, écrivent les scientifiques.
2016 AFP

Source : 20minutes.fr, le 20 février 2016

Ouf, les manchots «bloqués» par un iceberg en Antarctique ne sont pas morts

   La semaine dernière, 20 Minutes annonçait, comme la majorité des médias de la planète, la mort de 150.000 manchots Adélie sur le cap Denison, en Antarctique. Mais ce vendredi, Le Monde vient rétablir la vérité : les oiseaux ne sont pas décédés, ils ont « simplement » migré ailleurs.
   A l’origine de cette mauvaise information, l’on retrouve une étude de recherche publiée, début février, dans la revue Antarctic Science et repérée par le très sérieux The Guardian. En résumé, cette enquête expliquait que la fusion, en 2010, d’un iceberg grand comme la ville de Rome avec la banquise avait coupé l’accès direct à la mer des manchots. Et que ces derniers étaient donc contraints d’effectuer un détour de 120 km (60 à l’aller et autant au retour) pour pouvoir se nourrir. Jusqu’ici, tout est vrai.

Des carcasses gelées de poussins
   Les chercheurs écrivaient ensuite : « Au fil du temps, le pénible voyage a eu un effet dévastateur sur la taille de la colonie, la faisant passer de 160.000 individus en 2011 à 10.000 aujourd’hui ». Et c’est cette phrase qui a été mal interprétée par les médias. « Je ne sais pas qui a commencé à diffuser cette information, mais nous n’avons jamais dit que 150.000 manchots étaient morts. Les oiseaux ont probablement migré ailleurs, attendant des conditions plus favorables », explique l’auteure de l’étude, la biologiste Kerry-Jayne Wilson, au Monde.
   D’ailleurs, comme l’écrit le quotidien, « le fait qu’une colonie située non loin de l’iceberg en question, sur les îles Hodgeman, voit sa population augmenter appuie cette hypothèse ». L’histoire pourrait s’arrêter là. Malheureusement, il y a bien eu des morts sur le cap Denison : des poussins et des embryons. Dans leur étude, les chercheurs décrivent la présence de « centaines d’œufs abandonnés » et font état d’un sol « jonché de carcasses gelées de poussins de la saison précédente ».

Assurer sa survie
   Et ces décès prématurés sont bien liés à l’arrivée de l’iceberg. Car, en obligeant les manchots à parcourir 120 km de plus, il contraint ces derniers à parfois abandonner leurs progénitures. Le Monde explique : « Sachant que les manchots se partagent les tâches en ce qui concerne les soins à prodiguer aux petits (quand l’un est sur le nid, l’autre est en mer en quête de proies), le temps passé par l’un hors du nid a un impact sur le sort de l’autre et de la couvée. Ainsi, le parent d’astreinte sur le nid jeûne en attendant le retour de son partenaire. Si ce dernier tarde trop, le parent affamé préférera abandonner le nid pour assurer sa survie ».
   L’iceberg mettant en péril leur reproduction, les manchots ont donc commencé à migrer. « Quand, en conclusion de l’étude, les auteurs préviennent que la colonie de Cap Denison pourrait être éteinte d’ici à 20 ans, cela signifie donc simplement que les manchots ne reviendront plus sur ce cap rocheux pour se reproduire et non pas leur extinction massive », conclut Le Monde.
C.B.

Source : 20minutes.fr, le 19 février 2016

oincés par un iceberg, une colonie de manchots meurt de faim sur la banquise en Antarctique

   De 160.000 en 2011, la colonie de manchots Adélie est passée à 10.000, selon les experts sur le réchauffement climatique…
   Ils doivent faire 120 kilomètres pour trouver de quoi se nourrir. Une colonie de manchots Adélie est en train de mourir à petit feu sur le cap Denison, en Antarctique, selon une étude de recherche publiée, début février, dans la revue Antarctic Science et repérée, samedi, par The Guardian.
   La cause de leurs soucis n’est autre qu’un iceberg géant de la taille de la ville de Rome et baptisé B09B par les chercheurs en réchauffement climatique. Arrivé dans la baie du Commonwealth en 2010, cet iceberg a fusionné avec la banquise, coupant du même coup l’accès à l’océan de la colonie de manchots Adélie.
   En conséquence, les oiseaux de la famille des Spheniscidae passés à la postérité depuis le film de Luc Jacquet, La marche de l’empereur (2005), doivent désormais parcourir 60 kilomètres pour rejoindre la mer, se nourrir avant de refaire le chemin en sens inverse.
   Mais les chercheurs se voient aussi fatalistes qu’optimistes. Notant qu’une autre colonie est très prospère à seulement 8 kilomètres de là, ils assurent que l’expérience naturelle aura permis de comprendre « l’impact des icebergs et l’extension des mers de glace le long de la côte est de l’Antarctique ».
V.V.

Source : 20minutes.fr, le 14 février 2016